Faire un don Devenez fan sur Faceook

Notre histoire- l’hôpital, le CLSC et le foyer accueil de Matane

L’implantation permanente d’un hôpital et des services sociaux dans la Matanie ne s’est pas faite sans difficulté, ni sans persévérance. Ce fut sans nul doute grâce à la ténacité de citoyens et de religieux qui croyaient la chose possible, qui avait à cœur l’entreprise, mais surtout, qui n’avaient pas peur d’y mettre l’énergie nécessaire, que l’on a vu se développer un réseau de soins de santé complets, au grand bonheur de toute la population. Tout au long des prochaines lignent, laissez-nous vous raconter l’histoire de ces gens et de ces événements qui ont fait une différence dans la vie de la population locale, ainsi que dans le développement économique de la région.

 

 

Implantation de l’Hôpital de Matane

 

Au début du XXe siècle, avant même que l’on conçoive l’idée de construire les installations permanentes d’un hôpital à Matane, la plupart des médecins qui pratiquent dans la région sont des généralistes qui font des visites à domicile à toute heure du jour ou de la nuit. Pour s’y rendre, ils utilisent des moyens de transport variant selon l’époque et la saison. Pour ce qui est des instruments dont ils ont besoin pour examiner et traiter leurs patients, ils tiennent bien souvent dans un seul sac. En ce qui concerne les médecins possédant une clinique dans la ville ou dans certains villages, ils reçoivent bien souvent leurs patients à leur domicile ou leur pharmacie et ont accès à un plus vaste éventail d’instruments et de médicaments. En fait, tous ces professionnels de la médecine jouent un rôle primordial dans la communauté et assurent les soins de santé, parallèlement avec des sages-femmes et, quelquefois, des aides-infirmières. Cependant, faute d’équipent plus spécialisés dans ces cliniques, les malades qui demandent des soins plus aigus, doivent aller se faire opérer dans les hôpitaux de Rimouski, Québec ou ailleurs dans la province.

Évidemment, le bouche à oreille permet à ces médecins de l’époque de se faire connaître dans la communauté or, afin de rejoindre plus de gens, ils optent souvent pour faire paraître une publicité dans le journal local. Ainsi, dans le journal matanais Le Cri de l’Est du 26 mai 1911, on peut voir une publicité pour la clinique du docteur Joseph-Arthur Bergeron, médecin chirurgien. On peut y lire que ce dernier est gradué de l’Université Laval, Ex-Interne à la Maternité de Québec. Il s’occupe de médecine générale et spécialement des maladies des enfants. Il est possible d’avoir une consultation avec lui à sa résidence privée ou à sa pharmacie sur la rue Édouard (maintenant l’avenue Saint-Jérôme). Dans le même ordre d’idée, dans le journal L’Écho de Matane du 8 septembre 1923, on peut voir à nouveau la publicité du docteur Joseph-Arthur Bergeron qui a son bureau à la pharmacie, mais aussi celles du docteur James McLaren, dentiste qui a son bureau sur l’avenue Saint-Jérôme, ainsi que du docteur Eustache Langis qui a son bureau sur la rue D’Amours.

Au Québec, à partir des années 1920, l’organisation et l’amélioration des services de santé se manifestent surtout, à la suite de l’adoption de la Loi sur l’assistance publique de 1921 et de la création du Service d’hygiène de la province de Québec de 1922. Les médecins ruraux sont alors chargés de l’administration de la santé publique en plus de leur pratique habituelle. Puis, pour ce qui est des premiers hôpitaux et des établissements de bienfaisance dans le Bas-Saint-Laurent, ils se situent d’abord dans les villes de Rivière-du-Loup, Rimouski et Matane.

 

En ce qui concerne le projet d’érection d’un hôpital à Matane, il date de 1920, alors que le docteur Joseph-Arthur Bergeron, ayant pris comme associé-praticien dans son bureau le docteur J.-Roméo Vézina, conçoit le projet avec ce dernier. Malheureusement, la mort prématurée du docteur Vézina en novembre 1922 met un frein temporairement à leurs démarches.

 

Toutefois, l’idée demeurant toujours présente dans le cœur du docteur Bergeron, en 1924, armée de plans qu’il a préparés, il se présente au chanoine Victor Côté, curé de Matane,  pour lui proposer de travailler avec lui à l’ouverture dudit hôpital. Puis, après de longues discussions, les deux hommes en viennent à la conclusion qu’un hôpital général est ce qui convient le mieux pour Matane.

 

En 1927, M. le chanoine Antoine-Annibal Soucy est le premier promoteur du projet d’implantation d’un hôpital à Matane et il fait ses premières demandes. Curé de la paroisse Saint-Jérôme de Matane de 1898 à 1924, il travaille activement pendant toutes ces années au développement des infrastructures religieuses des différents villages sur le territoire couvrant Matane, jusqu’à Cap-Chat. Il est aussi un ardent promoteur de la construction du chemin de fer Mont-Joli-Matane, ainsi que pour l’installation de plusieurs industries nouvelles à Matane même. À l’époque de son intervention dans l’implantation d’un hôpital, il s’est retiré dans sa maison privée, située rue de l’Évêché face au Séminaire de Rimouski. Malheureusement pour lui, il ne verra pas la concrétisation du projet d’hôpital, car il décède accidentellement, le 27 septembre 1934.

 

Ce n’est que le 24 septembre 1929 que M. le chanoine Victor Côté, curé de Matane se présente en personne à la Maison-Mère des Dominicaines de l’Enfant-Jésus, sur le Chemin Saint-Louis à Québec, et expose aux religieuses le projet de la fondation d’un hôpital dans sa paroisse. Le 26 septembre de la même année, le docteur Bergeron, alors député et maire de Matane, vient à son tour solliciter le concours des Sœurs Dominicaines pour la fondation d’un hôpital et leur explique qu’elle répond à un besoin urgent. Malheureusement, la mère générale de l’établissement lui répond avec regret qu’il est impossible pour le moment de donner suite au projet, à cause du développement très rapide de l’Hôpital de L’Enfant-Jésus.

 

Parallèlement à ses démarches, dans les années 1928-1929, le chanoine entend parler qu’un prêtre de la région de Rimouski, l’abbé François Drapeau, est à l’origine d’un voyage organisé dans le Midwest américain, afin de visiter quelques Institutions religieuses de ce coin des États-Unis et d’y recruter des religieuses qui accepteraient de venir oeuvrer dans un orphelinat qu’il veut ouvrir. Le religieux contacte donc l’abbé Drapeau, puis les deux prêtres se rencontrent à quelques reprises, se butant à une série d’obstacles encore une fois.

Malgré cela, tout n’est pas perdu et on peut présumer que lors de la visite de l’abbé Drapeau dans la communauté religieuse de Little Falls, deux sœurs ont senti l’appel pour venir s’établir à Matane. En effet, en 1930, sœur Albertonie, alors âgée de 67 ans, et sa compagne, sœur Marie-Paule, quittent leur Maison-Mère dans l’état américain du Minnesota, pour venir fonder un petit hôpital à Matane. Leur décision relève du défi, même si elles sont certaines de posséder les qualifications professionnelles nécessaires. À leur arrivée, le comité d’accueil composé de paroissiens chargés de leur venue les installe au deuxième étage de la maison d’Hippolyte Deschênes, située sur la rue Saint-Jérôme et voisine de celle du notaire J.-Octave Lebel, maintenant La Seigneurie. Celle-ci est choisie comme étant la plus appropriée pour servir d’hôpital. L’Unité sanitaire s’y trouve déjà et y occupe le deuxième étage et les deux religieuses y installent quatre lits dans le grand salon, afin d’y recevoir les malades. Cependant, même si initialement, cette première entreprise se présente bien, elle finit par se révéler plus difficile que prévu. On évoque une question de ressources.

En 1931, on déménage alors le petit hôpital dans la vieille maison appartenant à Thomas McKinnon et sise à côté de son magasin général, un peu plus loin sur la rue Saint-Jérôme. Il va sans dire que sœur Albertonie et sœur Marie-Paule, en continuant leur oeuvre, rendent un grand service à la population matanaise de l’époque, car leur petit établissement est le seul lieu ou institution où l’on apporte des soins aux grands malades. Ces deux femmes dévouées voient donc arriver des accidentés du milieu agricole, des grands brûlés des navires accostant au quai, de jeunes patients souffrant de maladies infectieuses graves comme la méningite ou autres et elles leur prodiguent attentivement leurs soins. La même année, peut-être découragée par l’ampleur de la tâche, sœur Marie-Paul, quitte sœur Albertonie et retourne à la Maison-Mère de sa congrégation au Minnesota. Heureusement, un noyau de bénévole se forme, dont Mme Helzéard Heppell, Mme Robert Heppell, Mme J.-Octave Lebel et Mme Raymonde Bernier, dans le but d’aider sœur Albertonie. Aussi, Mme Hector Blouin s’adjoint à l’équipe et devient gardienne de nuit et assiste dans l’ensevelissement des morts. Avec toute cette aide, la religieuse peut donc continuer d’exploiter son petit hôpital jusqu’en 1941. Année où, ayant pris de l’âge et éprouvant d’importants problèmes de santé, elle préfère se retirer.

La venue de ce petit hôpital n’arrête toutefois pas le rêve du chanoine Victor Côté. Vers la fin d’octobre 1931, il garde toujours espoir d’installer un plus gros service hospitalier à Matane. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il relance les sœurs Dominicaines de Québec, mais les Supérieures lui répondent à nouveau qu’elles ne peuvent pas acquiescer à sa requête et que cette fois, il semble bien que le Bon Dieu a dit son dernier mot et qu’il ne veut pas se servir de leur congrégation pour l’érection de cet hôpital.

Le 2 décembre 1934, alors que les choses stagnent depuis trois ans, M. le chanoine Côté revient à la charge avec de nouvelles cartes en main. Cette fois-ci, il propose aux Dominicaines l’achat de l’Hôtel Belle-Plage, magnifique édifice maintenant désaffecté. Ce dernier, construit en 1921, était à l’époque administré par la Compagnie d’hôtellerie de Matane-Gaspé Ltée qui avait comme actionnaire William Russel, J.-Arthur Desjardins, Jules A. Brillant, J.-T. Bégin, le docteur Joseph-Arthur Bergeron et J.-A. Rouleau. Mais avec la crise de 1929 et les années qui suivirent, les gens voyageaient moins et les affaires périclitèrent. L’hôtel dut donc fermer ses portes.

Le 6 décembre, mère générale soumet à son Excellence Mgr Georges Courchesne, évêque de Rimouski, le nouveau projet et lui demande s’il est opportun d’aller visiter l’Hôtel Belle-Plage. Le 10 du même mois, elle reçoit de son Excellence une réponse autorisant la visite, et il ajoute que si les conditions leurs conviennent, elles peuvent accepter l’établissement d’un hôpital dans cette paroisse de son diocèse.

Le 12 décembre, mère générale, mère économe générale et mère Gérard Magella, prieure de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus se mettent en route pour aller visiter l’Hôtel Belle-Plage, et s’entretenir sur place avec M. le curé, M. le maire, et les notables de la paroisse. Le lendemain, les mères vont visiter le magnifique hôtel, en compagnie de M. le chanoine Côté et de M. Arthur Desjardins. Son Excellence Mgr Couchesne a l’extrême bienveillance de venir les rejoindre au milieu de leur visite, et de s’intéresser aux plus minimes détails de la construction, de l’ameublement, etc. Puis, dans l’après-midi, il entretient longuement les mères de ses désirs et de ses espérances relativement à la fondation d’un Hôpital à Matane.

Le 14 décembre, de retour à Québec, les religieuses rendent compte à leurs Supérieurs ecclésiastiques de leur voyage et de leurs impressions. Elles reçoivent alors l’autorisation de donner suite aux négociations entamées. Dès lors, le 16 décembre, les mères du conseil sont mises au courant que l’impression générale est très favorable et toutes sont confiantes dans l’heureuse issue de cette entreprise et désirent la mener à bonne fin, avec la grâce du Bon Dieu. À partir de cette date s’amorce la période des multiples négociations à prévoir en pareille occurrence et elles sont dirigées avec une parfaite loyauté de la part de messieurs les propriétaires.

Ainsi, le 20 avril 1935, le projet d’implantation d’un hôpital à Matane voit le jour avec l’achat de l’ancien Hôtel Belle-Plage, par les Sœurs Dominicaines. Les négociations s’étant terminées par la signature d’un contrat rendant ces dernières propriétaires de l’édifice et de tout ce qu’il contient en fait d’ameublement, de lingerie, etc. De pus, les religieuses prennent en charge de faire les changements et améliorations voulues pour en faire un hôpital reconnu tout d’abord sous le vocable d’Hôpital Générale du Sacré-Cœur de Jésus puis, sous la demande de son excellence Mgr l’évêque de Rimouski et en souvenir du Jubilé de la Rédemption, sous le nom de l’Hôpital du Saint-Rédempteur.

Le 6 mai de la même année, les huit premières Sœurs Dominicaines désignées pour la fondation du nouvel hôpital, prennent la route pour Matane. Mère Marie Raphaël, supérieure (un parc porte aujourd’hui son nom sur la rue Le Mercier); sœur Jeanne du Portugal, assistante; sœur Jean-Marie Vianney, économe; sœur Colombe de la Croix, sœur Raymond de Pennafort, sœur Marie de la Visitation, sœur Marie du Bon-Pasteur et sœur Dominique de la Croix embarquent pour un nouveau défi. Sœur Marie-Raphaël décrira l’événement ainsi : « Le jour fixé pour le départ de la Maison-Mère de Québec, quatre voitures automobiles des plus confortables, due à l’obligeance de monsieur le député de Matane et à un bon ami de Québec, nous attendaient pour nous transporter à notre nouveau champ d’apostolat. Après quelques péripéties faciles à comprendre en pareille occurrence, nous arrivions heureusement à 6 heures du soir à la porte du magnifique Hôtel Belle-Plage. (…) Monsieur le chanoine Victor Côté (…) était là avec ses dignes vicaires, pour nous apporter, avec sa première bénédiction, l’assurance d’un perpétuel et sympathique intérêt. Puis les cloches sonnèrent à toute volée pendant au-delà d’une heure, et ces notes joyeuses, lancées dans toutes les directions de la paroisse, semblaient se renvoyer les échos des sentiments réciproques. »

Née à Lisbon dans le Maine en 1882, sœur Marie-Raphaël (Amélie Bérubé) fonde ainsi avec ses consoeurs le premier hôpital qui possède 30 chambres meublées sobrement, mais qui contiennent l’essentiel avec literie et lingerie. Le bâtiment comprend aussi une cuisine équipée avec une batterie suffisante, une vaisselle solide marquée au sceau de l’hôtel et d’un beau service de couverts. De plus, on y retrouve une salle à manger attrayante dans un état remarquable, ainsi qu’un grand hall d’entrée invitant avec sa grande cheminée, ses lustres, ses confortables fauteuils de cuir, ses larges fenêtres donnant sur une longue galerie à l’arrière, et tout cela, à quelques pas du fleuve.

Malgré cela, pour faire fonctionner un hôpital, il y a plus à faire. Ainsi, dès leurs premiers jours, l’équipe en poste reçoit la visite des voyageurs de commerce associés aux grandes entreprises pharmaceutiques Abbott, Ayers, Hofman-Roche, Johnson-Johnson, Medical scientifique, venant toutes de Québec et Montréal, afin de procéder à l’achat des équipements médicaux et des produits pharmaceutiques. C’est d’ailleurs les experts de la compagnie Kodak qui vinrent installer l’appareil de rayons X, deux mois après l’arrivée des religieuses. Puis, pour ce qui est du service ambulancier, c’est M. Léon Sirois qui devient responsable de son organisation. Service qui fut transmis à ses fils au fil des ans.

Dès leur arrivée, les religieuses se donnent un mois d’installation avant l’ouverture de leurs portes aux malades. Or, le 20 mai, alors que les sœurs n’étaient arrivées que depuis le 6, on leur amène d’urgence de Rivière-Blanche (Saint-Ulric), leur premier malade. Ce dernier étant difficilement transférable vers l’hôpital de Rimouski, vu la mauvaise condition des routes, l’équipe en place accepte de le soigner. Heureuse décision, car à sa sortie de l’établissement, il était guéri.

Finalement, malgré ce cas pris au vol, l’échéancier de la mise en service de l’hôpital que les religieuses s’étaient fixé est respecté. Elles ouvrent donc officiellement leurs portes aux malades le 1er juillet suivant.

 

 

Dix mois plus tard, le 1er mai de 1936, sœur Marie-Raphaël fait le bilan suivant de cette première année qu’elle transmet alors à ses supérieurs. Tout d’abord, elle mentionne que la rétribution gouvernementale est de 1 $ par jour. Puis, elle présente le tableau suivant :

 

Admissions :

Médecine ………………………….  115

Chirurgie ………………………….. 192

Orthopédie …………………………  47

Oto-R-Laryngo …………………….  37

Gynécologie ………………………..  24

Obstétrique …………………………  16

N-Nés ………………………………  14

____

445

Résultats :

Guéris ……………………………… 268

E.V.D.G. ……………………………  79

Améliorés ……………………………  42

Non améliorés ………………………    7

Non traités …………………………..  10

Décédés ……………………………..  10

____

Le nombre de malades ……………………… 416

Le premier mai 1936 …………………………   29

 

Nombre de patients hospitalisés …………………………………………. 445

Consultations …………………………………………………………….. 277

Admissions et sorties le jour même (examen radiologique ou interventions de chirurgie mineure) ……………………………………………………….. 124

____

Total des personnes traitées depuis le 1er juillet 1935 …………………… 846

 

 

 

Fait intéressant à propos de l’étendue du territoire que pouvaient couvrir occasionnellement les services hospitaliers de l’établissement, en février 1936, un malade souffrant d’une péritonite et d’une hernie étranglée est transporté en avion de la Côte-Nord et est amené à l’hôpital pour une opération immédiate.

Le 22 juin de la même année, on procède à la formation du Bureau médical de l’établissement. On y retrouve le docteur Joseph-Arthur Bergeron, président; le docteur Eustache Langis, vice-président; ainsi que les docteurs Achille et Albert Paquet, le docteur Paul Poliquin et le docteur Henri Lapointe, radiologistes. S’ajoutent à l’équipe médicale le docteur Raoul Gagnon, le docteur James McLaren, le docteur Adrien Pineau, dentiste, le docteur Maurice Piuze, le docteur Roland Bergeron, le docteur Valmont Lapierre et le docteur Rosaire Larose. Tous ces médecins possèdent déjà leur bureau à domicile et y soignent sur place leurs patients, mais aussi, répondent aux appels venant des paroisses voisines et se rendent à domicile quelque soit l’heure de la nuit, la température ou le moyen de locomotion du temps disponible.

À propos de l’implantation de l’établissement, le docteur Albert Paquet écrira, quelques années plus tard : « La fondation d’un hôpital à Matane, centre assez prospère, mais éloigné des hôpitaux existants, était devenue nécessaire (…) Cette institution hospitalière crée, pour les médecins de votre région, un centre de travail et d’expérience bien propre à favoriser le progrès de leur art et le crédit de leur profession. J’ai eu moi-même, plus d’une fois, l’occasion de visiter votre hôpital et de voir de près ce qui s’y fait. Si j’en juge d’après les résultats obtenus jusqu’ici, le succès définitif de cet établissement est assuré. »

On procède à la bénédiction du premier hôpital de Matane le 5 juillet suivant, à 14h30. Mgr Andréa Cassulo, délégué apostolique du Canada, préside le sacrement. Mais, plus tôt dans la journée, à 9h30 a lieu une messe pontificale avec l’ordination sacerdotale de l’abbé Alphonse Caouette, enfant de la paroisse.

Un triste événement vient toutefois assombrir le 25 juillet 1937. Après avoir œuvré activement au sein de la communauté matanaise et ayant été un pilier central de l’implantation de l’hôpital, on apprend le décès du docteur Joseph-Arthur Bergeron. Cet homme qui, au fil des ans, malgré ses nombreuses responsabilités, a réussi à conserver ses préoccupations de médecin. En effet, ses nombreuses implications l’on menées a être désigné coroner de district de 1920 à 1923, il a contribué à l’ouverture de l’Unité sanitaire de Matane en 1930 et a piloté, avec le chanoine Victor Côté, l’implantation du premier Hôpital du Très-Saint-Rédempteur. Parallèlement à cela, il a été directeur de la Compagnie du pouvoir du Bas-St-Laurent, maire de Saint-Jérôme-de-Matane de 1917 à 1921 et de 1925 à 1936, puis député libéral dans Matane de 1923 à 1936.

Cependant, l’œuvre du médecin ne fut pas vaine. Grâce à ses efforts et à ceux de gens qui ont cru le projet possible, en 1941, l’hôpital compte une centaine de lits et fonctionne sans soutien de l’État. L’équipe de professionnels en place offre des soins essentiels aux patients et il est évident qu’on ne peut retourner en arrière. Mère Marie-Raphaël, supérieur de l’hôpital, est toujours en place et dirige l’établissement jusqu’en 1943, année où elle est rappelée dans sa communauté religieuse de Québec, afin d’y occuper le poste d’économe générale. Elle décèdera le 8 mars 1980, à l’âge de 87 ans.

 Toutefois, l’immeuble devient bientôt trop exigu, et dès 1945, des démarches sont entreprises pour obtenir un terrain dans la future paroisse Saint-Rédempteur sur la côte Saint-Luc, afin d’y construire un hôpital plus spacieux. Deux ans plus tard, en juin 1947, on entreprend enfin des travaux de construction de l’hôpital, tout cela sous la direction de Placide Boulet de la Compagnie Poudrier et Boulet de Québec et selon les plans et devis de l’architecte Albert Leclerc de Rimouski.

L’hôpital est érigé sur un terrain où, 25 ans auparavant, il y avait un champ où le club local de balle au champ a remporté plusieurs championnats régionaux. L’édifice de six étages construit au sommet de la côte Saint-Luc (aujourd’hui la côte Saint-Rédempteur) domine la pittoresque ville de Matane, et la révérende sœur Bernard de Citeaux est nommée au poste de supérieure. Après 15 ans d’efforts, l’œuvre de ces religieuses dévouées, est un établissement pourvu de toutes les améliorations des plus modernes et des mieux équipés de la province et répond parfaitement aux besoins de cette région éloignée. Comptant 145 lits et 33 espaces dans la pouponnière, il comprend en outre une école de gardes-malades.

 Cela dit, le 30 mars 1950, une fois les travaux terminés, on procède au transfert des patients de l’ancien hôpital vers le nouveau. Dans la nuit qui suit, le docteur Maurice Piuze met au monde le premier enfant à y naître. Pourtant, cela ne signe pas encore la fin pour l’ancien Hôtel Belle-Plage. En effet, le 6 mai de la même année, lors du grand incendie de Rimouski, on ouvre les portes de l’établissement qui est maintenant sous la direction des Sœurs de la Charité et on y transfert une vingtaine de malades, en plus de prendre en hébergement une centaine de personnes âgées.

Le 23 juillet, on procède à la bénédiction et l’inauguration du nouvel Hôpital du Très-Saint-Rédempteur, propriété des Sœurs Dominicaines de l’Enfant-Jésus. L’événement se déroule à 15 heures en présence des plus hautes autorités ecclésiastiques et civiles de la région, dont le trésorier de la province de Québec et député de Matane, Onésime Gagnon. Aussi, son excellence Charles-Eugène Parent, évêque auxiliaire de Rimouski, fut l’un des orateurs lors de la cérémonie.

Faits intéressants dans la communauté médicale matanaise de l’époque, le 3 mai 1958, le docteur Jean-Paul Poitras ouvre son bureau à Matane en occupant celui du docteur Valmont Lapierre. L’année suivante, le docteur Viateur Roy installe son bureau à Saint-Ulric et le docteur Roger Veilleux, à Sainte-Félicité.

En 1962, l’équipe médicale de l’hôpital est composée des docteurs Jean Gosselin, Arthur Fradette, Maurice Piuze, Alexandre Ahier, Paul Sarrasin, Roland Gauthier, Guy Tessier, Viateur Roy et Roger Veilleux.

Puis, en janvier 1966, l’hôpital de Matane est le premier hôpital régional de la province à créer un service social médical, ancêtre du CLSC.

En 1975, les dirigeants de l’hôpital présentent leur Rapport annuel de l’établissement, où on y découvre des statistiques intéressantes, décrivant le fonctionnement de l’hôpital. Le directeur général de l’hôpital, M. Richard Dubé, écrit : « Je me permettrai de souligner que le volume d’activité dans tous les services est demeuré à peu près stable en raison de l’insuffisance des locaux, de personnel qualifié, ou encore de strictes limites budgétaires;  tant et aussi longtemps que ces restrictions viendront limiter nos efforts, il nous sera impossible d’augmenter les services à nos patients. »

Pour ce qui est du directeur des services professionnels de l’hôpital de Matane, le docteur Viateur Roy écrit : « L’année 1975 a connu comme pour les années passées, une activité intense au plan des soins aux malades; 4 500 malades ont été hospitalisés; 22 800 ont consulté à la clinique externe; 12 500 ont été vus à la clinique d’urgence. »

Toujours à partir de ces statistiques, on apprend que le personnel médical a augmenté de six nouveaux membres, dont quatre omnipraticiens, un orthopédiste et un dentiste. Pour ce qui est du contrôle des actes médicaux, il a été assuré par l’étude des dossiers des malades faites par les divers comités constitués à cet effet. Il est aussi mentionné que le Conseil canadien d’Accréditation des hôpitaux est venu au cours de l’été 1975, couronner les dernières années de travail, en accordant à l’établissement l’accréditation pour les trois années suivantes.

Le docteur Viateur Roy ajoute aussi à son rapport que : « L’objectif principal de la direction des services professionnels demeure l’administration de soins de qualité, l’accessibilité complète aux soins d’urgence, l’amélioration des effectifs médicaux tant généraux que spécialisés. »

Dans la partie consacrée au directeur du personnel, M. Roger Belzile écrit : « Le roulement du personnel est sensiblement le même, soit 342 employés comparativement à 334 en 1975, totalisant 2 712 450 $ en salaire, soit 75 % du budget global. » Il mentionne aussi que le coût moyen par jour pour un patient est de 121,16 $. Si l’on se souvient bien, en 1936, sœur Marie-Raphaël mentionnait dans ses propres statistiques qu’il en coûtait alors 1 $. Ce qui consiste à une hausse considérable.

Finalement, toujours dans ce rapport datant de 1975 les signataires du document nous dressent une liste du personnel médical qui travaille à l’Hôpital du Très-Saint-Rédempteur de Matane cette année-là. La voici :

 

Personnel médical

 

Aparicio, Dr Carlos                      Radiologiste

Bertrand, Dr Danielle                   Médecine générale

Boily, Dr Marcel                          Médecine générale

Dionne, Dr André                        Orthopédiste

Dumont, Dr Serge                        Médecine générale

Fradette, Dr Arthur                      Anesthésiste

Gauthier, Dr Roland                    Médecine générale

Gosselin, Dr Jean                         Chirurgien général

Larose, Dr Robert                        Médecine générale

Leroux, Dr Hector                       Chirurgie générale

Liang, Dr Sam K.                        Anesthésiste

Marco, Dr Miguel                       Médecine générale

Pineau, Dr René                          Médecine générale

Piuze, Dr Maurice                       Médecine générale

Roy, Dr Viateur                          Médecine générale

Sarrasin, Dr Paul                         Orthopédiste

Tremblay, Dr Pierre-Paul            Médecine générale

Veilleux, Dr Roger                      Médecine générale

 

Personnel dentaire

 

Bernier, Dr Denis

Boudreau, Dr Nive

D’Amours, Dr Claude

Gauthier, Dr Claude

 

Médecins consultants

 

Bachand, Dr Jean-Paul                Pathologiste

Dionne, Dr Paul                           Biologiste

Fournier, Dr Marcien                   Pathologiste

Marion, Dr André                        Oto-rhino-laryngologiste

Pelletier, Dr Gilles                       Oto-rhino-laryngologiste

 

En mars 1977, le gouvernement du Québec met en place de nouvelles structures de gestion de ses hôpitaux. L’hôpital devient alors un établissement public sous le nom de Centre hospitalier de Matane avec un premier conseil d’administration formé de MM. Gérard Lavoie, président; Jean-Jacques Raymond, vice-président; Raymond Rouleau, secrétaire; en plus de Mmes et MM. Raynald Canuel, docteur Paul Sarrasin, Huguette Dubé et Fernande Dugas. Richard Dugas est le directeur général.

Le 2 juin  1979, on procède à l’inauguration de la nouvelle partie du Centre hospitalier de Matane. Le projet de rénovation, dont les premières démarches datent de la fin des années soixante, fut long et difficile. En effet, les travaux ne débutent qu’à l’automne 1977. La nouvelle partie est construite en en fonction de permettre de respirer un peu mieux, d’aérer et d’améliorer les services, notamment à la clinique d’urgence, à l’observation, aux soins prolongés et aux soins intensifs. Aussi, on y retrouve la réception, les services de radiologie, de clinique externe, d’électrocardiographie et de soins aigus.

Le 25 juillet 1982 a lieu la première rencontre d’information en vue de la création d’une fondation pour le Centre hospitalier. Ce n’est cependant que le 15 juin 1984 que le premier Conseil d’administration de la Fondation de l’hôpital de Matane est créé. Ce dernier est alors formé de M. Gérard Lavoie, président, du notaire Michel Barriault, de M. Robert Beaulieu Directeur général du Centre hospitalier, du docteur Robert Fournier, de M. Paul H Gagné comptable agréé et de deux femmes d’affaires, Mmes Lucille Rioux et Jocelyne Lévesque.

En juin 1985, lors du 50e anniversaire de création de l’Hôpital de Matane, on honore les médecins Viateur Roy, Maurice Piuze et Roger Veilleux qui comptent à eux trois, cent ans de service médical à l’hôpital; 25 ans pour le docteur Roy, 50 ans pour le docteur Piuze et 25 ans pour le docteur Veilleux. Puis, le 19 mars 1995, Mgr Gilles Ouellet préside une messe en hommage aux quatre dernières Sœurs Dominicaines qui quittent l’hôpital : sœur Julienne Parent, sœur Denise Favreau, supérieure régionale, sœur Florence Martel, sœur Lucette Mathieu et sœur Paulette Grant.

Autre date importante concernant la mise en place de nouvelles structures au sein des soins de santé de la région de Matane, le 10 avril 2002, le CLSC, l’hôpital et le Foyer d’Accueil optent pour l’unification administrative des trois services au lieu de la fusion pure et simple comme mode de regroupement. C’est-à-dire qu’ils optent pour un seul conseil d’administration, mais qu’ils conservent leur mission respective.

Comme vous pouvez le constater, depuis la mise en place des premiers services de soins hospitaliers en Matanie en 1930, les structures médicales n’ont cessé de se moduler aux besoins de la population locale. C’est ainsi qu’en 2013, des 149 lits de soins de courte durée que comprenait l’établissement présent à son ouverture en 1950, sa capacité est passée à 45, suite à des coupures gouvernementales. Les services ambulatoires sont par contre augmentés avec l’apport de médecins spécialistes visiteurs et les possibilités de référence au Centre régional de santé de Rimouski et aux hôpitaux de Québec.

Les écoles en soins infirmiers

 Au début du XXe, les infirmières se forment surtout dans les diverses communautés religieuses à partir d’apprentissage par compagnonnage, directement dans les établissements hospitaliers que gèrent ces communautés. Au fil du temps, on voit se développer dans les grands centres de la province, des écoles qui offrent l’enseignement du métier autant aux personnes laïque, qu’aux personnes religieuses. Ainsi, les premières infirmières de colonie qui arrivent dans la région sont les suivantes : Irène Lebel en 1937 couvre le territoire de Saint-René et de Saint-Nil; Alfrédine Rioux en 1939, couvre le territoire de Sainte-Paule; Bernadette Hudon en 1943 couvre les territoires de Saint-Thomas-de-Cherbourg et de Saint-Jean-de-Cherbourg; Hilda Maltais en 1949, couvre le territoire de Saint-Adelme; Aurore Ouellet en 1951, couvre le territoire de Saint-Léandre; puis, Garde Keable en 1957, couvre celui de Les Méchins.

En septembre 1949, le nouvel hôpital de Matane comprend en outre une école d’aides-gardes-malades. Puis, le 5 octobre 1959, on procède à l’ouverture d’une école de gardes-malades auxiliaires dans le même établissement. Ainsi, le 3 juin 1961, l’école gradue ses onze premières garde-malades auxiliaires : Jeannine Bélanger, Isabelle Chassé, Laurina Boulay, Raymonde Riffou, Odette Leblanc, Louiselle St-Louis, Huguette Tremblay, Rachel Gendron, sœur Bernard de Marie, sœur Marie de la Trinité et sœur Louise-Marie. Puis, en 1964 à la direction de l’école, on retrouve mère Marie de Lourdes, prieure, mère Rose de Marie, directrice et le docteur Jean-Paul Poitras. Les graduées de cette promotion sont : Anne-Marie Bouffard, Pierrette Jean, Léona Malenfant, Francine Packwood, Yvette Levesque, Micheline Violette, Micheline Sirois et Ginette Pelletier.

En février 1966, un nouvel établissement est érigé près de l’hôpital et est prêt à accueillir l’École des infirmières en septembre. En juin de l’année suivante, on intègre l’École des infirmières au futur Cégep de Matane. Puis, le 27 août de la même année, sous la présidence du docteur Roger Veilleux, on assiste à septième et dernière graduation de l’École des gardes-malades auxiliaires de l’hôpital de Matane, qui sont au nombre de 25.

Finalement, le 30 mai 1970, on célèbre la graduation de la première promotion d’étudiantes en technique infirmière du Cégep de Matane : Estelle Bernier (Matane), Pauline Bernier (L’Islet), Réjeanne Bernier (L’Islet), Réjeanne Bonenfant (Les Boules), Ruth Boucher (Matane), Mireille Bouffard (Matane), Louiselle Clearly (Mont-Louis), Lise Desrosiers (Matane), Chaline Gauthier (Matane), Rose-Anne Langlois (Price), Celyne Martin (Sept-Îles), Louise Migneault (Rimouski), Jocelyne Ouellet (Matane), Christiane Pérusse (Matane), et Georgette Rémillard-Caron (Saint-Tharcisius).

 

Après 53 ans, le Cégep continue toujours de former de nouvelles cohortes d’années en années et accueil des étudiants de partout dans la province.

 

 

CLSC et services sociaux

 

En 1889, un Bureau local de santé, dont les membres sont nommés par le conseil municipal, est implanté à Matane et œuvre à titre bénévole. Avant cette date, les principaux établissements de santé sont gérés par des communautés religieuses qui offrent parfois l’hospitalité aux indigents. Cependant, cette tâche incombe bien souvent à la famille ou à la communauté.

 

En 1930, faisant partie de la cohorte des 23 autres Unités sanitaires de comté qui s’établissent dans la province (ancêtres des CLSC) l’Unité sanitaire de Matane ouvre officiellement ses portes à la population. Elle s’installe dans le vaste local du premier étage de la maison de M. Hippolyte Deschênes, voisine de celle du notaire J.E. Lebel sur la rue Saint-Jérôme. Le gouvernement nomme le docteur Antonio Boissinette comme son premier directeur. Ce dernier demeure à son poste de 1930 à 1932 et est remplacé par le docteur Rosario Larose qui occupe le poste de 1932 à 1942. Deux infirmières de la région viennent se joindre au médecin, Bertha Ross et Gertie McLaren et elles se partagent le comté et la municipalité de Saint-Jérôme de Matane.

 

Le programme des unités sanitaires vise l’amélioration de la santé des enfants du Québec, dont le haut taux de mortalité inquiète. Pour atteindre ce but, on prévoit atteindre les mères en priorité, en insistant sur l’enseignement pré et post maternel, la préparation à l’accouchement, les soins à prodiguer aux jeunes enfants et aux enfants d’âge scolaire. Aussi, l’éducation à l’hygiène, la prévention des maladies infectieuses incluant la tuberculose, la vaccination, le dépistage, etc. font partie des préoccupations de ce nouveau service à la population. On y retrouve également des médecins vétérinaires et des inspecteurs sanitaires qui exercent leur surveillance sur tout ce qui a trait à la salubrité des eaux et des aliments, ainsi qu’à la santé des animaux.

 

De 1930 à 1975, de nombreuses personnes travaillent dans l’établissent. Mentionnons celles qui y ont été le plus longtemps : comme directeur, le docteur Georges-Henri Nolin de 1946 à 1967; comme inspecteurs sanitaires, Anicet Paradis de 1930-1953 et Charles-Édouard Vézina de 1953 à 1973; comme éducatrice-hygiéniste, Laurette Lapointe de 1950 à 1962.

 

Le 17 février 1940, le gouvernement du Québec fait l’achat de la propriété de J. A. Rioux (aujourd’hui la Maison des Jeunes) sur la rue Saint-Pierre pour y déménager les bureaux de l’Unité sanitaire du compté de Matane.

 

Puis, le 14 juin 1969, on inaugure la Villa Dion qui sert encore aujourd’hui de Centre d’accueil, d’hébergement, de dépannage et d’observation pour les jeunes filles et les enfants de foyers socialement désorganisés.

 

Le 24 décembre 1971, la loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec devient réalité. Ce qui mène à la réorganisation de ces unités dans les hôpitaux et à la création des Centres Locaux de Services Communautaires (CLSC).

Par la suite, en janvier 1973, un groupe se forme et on procède à la formation d’un comité pour faire la demande auprès du Ministère, afin d’implanter un CLSC à Matane.

 

C’est en septembre 1973 que le ministre des Affaires sociales, Claude Castonguay, annonce l’implantation d’un CLSC à Matane. L’année suivante, en septembre 1974, les bureaux du CLSC sont temporairement situés dans l’annexe de l’École des Infirmières à l’hôpital de Matane. Par la suite, le 9 septembre 1975, les services du CLSC de Matane déménagent dans leurs nouveaux locaux, soit au 145 rue des Ursulines (École Zénon-Soucy). Le 15 septembre de la même année, le personnel de l’Unité sanitaire de Matane quitte l’édifice de la rue Saint-Pierre pour se joindre à l’équipe du CLSC.

 

Le CLSC de Matane obtient finalement ses lettres patentes du gouvernement, le 2 novembre 1977, ce qui le rend administrativement indépendant de l’hôpital de Matane. Ce qui fait en sorte que le 25 août de l’année suivante, on procède au déménagement du CLSC au 349 rue Saint-Jérôme, soit dans l’ancien couvent Bon-Pasteur, ancienne École Normale.

 

Le 5 février 1979, la Ville de Matane rachète l’Unité sanitaire pour y loger, à bail, l’Unité Domrémy. Puis, le 20 septembre de la même année, la Commission scolaire régionale des Monts vend à la corporation Centre Local de Services Communautaires de Matane l’édifice et les terrains de l’ancienne École Normale.

 

Finalement, en janvier 1982, le personnel du CSS (Centre des services sociaux du Bas-St-Laurent) déménage dans de nouveaux locaux au CLSC de Matane.

 

CHSLD

 

Comme on l’a vu précédemment dans la partie consacrée à l’hôpital de Matane, de 1931 à 1940, sœur Albertonie dirige ce qui semble être le premier refuge pour personnes âgées de la région de Matane. Cependant, avant même l’arrivée de la religieuse dans la région, la Maison McKinnon était déjà considérée par les Matanais comme le seul endroit pouvant accueillir les déshérités de toute nature, qu’ils soient malades, âgés ou de jeunes enfants en quête de soins.

 

Puis, au fil des ans, les revenus se faisant plus rares, moyennant une somme modique, sœur Albertonie commence à accepter des personnes âgées qui lui demandent chambre et pension,. Malgré cela, durant les années s’échelonnant de 1931 à 1940, les finances de l’établissement s’amenuisent de plus en plus. Que cela ne tienne, elle poursuit son œuvre. Ainsi, en plus de louer la moitié de la maison au dentiste Adrien Pineau, elle fait appel à la générosité de plusieurs bienfaiteurs. Elle obtient ainsi son bois de chauffage du Moulin des Frères Gagnon, sa quincaillerie de chez O.E. Fortin et L.A. Côté. À l’automne, des quartiers entiers de viande de bois lui arrivent. Les épiceries Adélard Desrosiers, Thomas McKinnon et Auguste Côté ne ménagent pas non plus leur soutien. C’est aussi le cas de donateurs comme Arthur Desjardins, Joseph Bilodeau et J.-Octave Lebel. De plus, elle peut compter sur la bienveillance de quelques membres de sa famille qui contribuent eux aussi monétairement à son oeuvre.

 

En 1941, un an après le décès de son dernier pensionnaire, sœur Albertonie décide de fermer son établissement. Elle est alors âgée alors de 79 ans, sa vision est réduite et sa santé donne des signes de fléchissement. Finalement, la religieuse décède à l’hôpital de Matane, le 21 avril 1949, après avoir œuvré au bien-être des gens pendant presque la totalité de sa vie.

 

Le 21 mai 1951, les Sœurs Domincaines de l’Enfant-Jésus procèdent à la vente de l’ancien Hôtel Belle-Plage, devenu l’Hôpital de Matane, aux Sœurs de la Charité de Québec qui le convertissent en foyer d’accueil pour personnes âgées que l’on nommera Maison de la Providence. Le 7 juin de la même année, grâce à la coopération du gouvernement provincial, de la communauté des Sœurs Dominicaines et de la communauté des Sœurs de la Charité, la ville de Matane et la région du Bas-St-Laurent s’enrichissent d’une nouvelle institution de bienfaisance. Le désir de feu son excellence Mgr Georges Courchesne, archevêque de Rimouski, se réalise et l’établissement offre maintenant aux personnes vieillissantes un gîte permanent où ils trouvent logement et secours pour les dernières années de leur vie.

 

Quelques années plus tard, en avril 1965, une corporation est formée en vue de construire un Foyer d’accueil pour personnes âgées. Douze directeurs sont élus au bureau provisoire : Raymond Meunier, Camille Nazair, docteur Robert Fournier, docteur Jean Gosselin, Gérard Lavoie, Marcel Fradette, docteur Paul Sarrasin et le notaire Rodrigue Côté. Suite à cela, le 10 décembre 1969, les pensionnaires de la Maison de la Providence déménagent dans le nouveau Foyer d’Accueil sur la rue Saint-Jérôme.

 

Le 20 mai 1970, on procède à la vente de la Maison de la Providence au groupe Les immeubles G.P. Inc. La maison est détruite en août de la même année, dans le but de faire de l’espace pour la construction d’un centre d’achat qui est érigé en 1975. La même année, on inaugure le nouveau Foyer d’Accueil de Matane, propriété de la Corporation du Foyer d’Accueil Inc.

 

Le 15 février 1996, le Foyer d’Accueil étant devenu moins fonctionnel, parce que les résidents qui y habitent sont moins autonomes, on l’agrandit au coût de 5 765 000 $. Ce qui permet de corriger les problèmes d’espace et de non fonctionnalité pour les personnes en lourde perte d’autonomie. Les travaux qui s’échelonnent sur trois ans se font du côté du Centre Patinair et vers l’avenue Saint-Jérôme. Une fois terminée, la superficie de l’immeuble passe de 3 896 mètres à 7 010 mètres carrés. De plus, on augmente le nombre de chambres en occupation simple, on y aménage des salles de bain mieux adaptées, on fait l’ajout de cuisinettes et de salles de séjour, puis on élargit les couloirs et améliore les airs de circulation.

 

De plus, depuis sa construction, l’établissement a subi, au fil des ans, quelques modifications avec l’installation d’un ascenseur et d’un système de compensation d’air, l’aménagement de rampes d’accès pour les fauteuils roulants, des modifications à l’entrée principale et la construction de terrasses à l’avant et à l’arrière.

 

L’établissement offre aujourd’hui 106 lits d’hébergement et de soins de longue durée incluant deux lits d’hébergement temporaire, 35 places en ressources intermédiaires, 16 en pavillon et 58 en résidence d’accueil.

 

 

 

 

2023- Recherche, archives et photos, en collaboration avec Marie-Josée Lapointe, directrice générale de  la Fondation de l’Hôpital de Matane, Mme Manon Ouellet

 

Sources

 

  • Lapointe, Yvette, Revue Au pays de Matane, article Sœur Marie-Albertonie La vie d’une religieuse pionnière des soins de santé à Matane, Société d’histoire et de généalogie de Matane, avril 2007.
  • Calendrier 2022, Société d’histoire et de généalogie de Matane.
  • Sœurs Henri Dominique O.P et Marie-Raphaël O.P., Revue Au pays de Matane, article Les cinquante ans de l’Hôpital, Société d’histoire et de généalogie de Matane, avril 1985.
  • Bérubé, Anna O.P, Revue Au pays de Matane, article Centre hospitalier de Matane (1), Société d’histoire et de généalogie de Matane, avril 1994.
  • Collectif, Matane d’hier à aujourd’hui, articles Les hôpitaux de Matane et L’Unité sanitaire de Matane, Société d’histoire et de généalogie de Matane, 2014.
  • Bénédiction de l’Hôpital Sr-Redempteur de Matane, Journal La Voix de Matane, Rimouski, 3 août 1950.
  • Bouffard, Georgy, Revue Au pays de Matane, chronique La Matanie d’hier, Société d’histoire et de généalogie de Matane
  • Pelletier, Romain, Éphémérides divers, Site inernet Mon Matane https://monmatane.com/
  • Son Excellence Mgr Andréa Cassulo, Programme souvenir à l’occasion de la bénédiction officielle de l’Hôpital du St-Redempteur, 1935-36
  • Hôpita du Très-St-Redempteur, Rapport annuel de 1975.
  • Morin, Cléophas, prêtre, Rimouski, 19 février 2020, Dans la maison du père, nécrologie sacerdotale du diocèse de Rimouski 1867-1967, Site internet du Diocèse de Rimouski, https://dioceserimouski.com/dcd/index_morin.html
  • Répertoire du patrimoine culturel au Québec, Maison du Docteur-Joseph-Frenette https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=93322&type=bien
  • Société d’histoire et de généalogie de Matane, 2014. Article L’Unité sanitaire de Matane. Site internet de la SHGM, https://shgmatane.org/221/l-unite-sanitaire-de-matane/nouvelle.html
  • 1911-05-26, Journal matanais Le Cri de l’Est. Bibliothèque et archives Canada. https://data2.collectionscanada.ca/001094/pdf/19110526-le-cri-de-est-matane.pdf
  • Bouffard, Georgy, L’arrivé du train à Matane en 1910. Site inernet de la SHGM https://shgmatane.org/241/l-arrivee-du-train-a-matane-en-1910-et-l-impact-sur-l-aspect-physique-de-la-localite/nouvelle.html
  • Société d’histoire et de généalogie de Matane, Journal L’Echo de Matane 8 septembre 1923 https://shgmatane.org/Publications/pdf/ECHO300-1-001-150.pdf#page=1